Place aux huiles (Cours d’Estienne d’Orves)

La place aux huiles : un quartier historique

A 2 pas du Vieux Port se trouve un quartier aussi ancien que emblématique de la cité phocéenne et de son glorieux passé.

Aujourd’hui appelé Cours Estienne d’Orves (du nom d’un résistant de la première heure), la place aux Huiles est un témoin privilégié de l’histoire marseillaise..

Au premier abord lorsqu’on aborde cette grande place pavée à gauche du Vieux Port, on pense immédiatement à une « piazza » italienne. Difficile en revanche d’imaginer en voyant ces terrasses animées que ce fut il y a quelques siècles le lieu d’une toute autre mais aussi intense activité. Difficile également d’imaginer que cette place était autrefois parcourue de canaux permettant aux galères et autres marchandises d’y accéder.

Marseille au temps des galères

L’histoire de cette place se confond avec celle de Marseille, du temps de la splendeur économique maritime du Vieux Port. Dés l’époque romaine, la ville de Marseille possédait déjà des galères. L’arsenal situé sur la rive sud du Lacydon au Plan Fourmiguier (derrière le quai de Rive Neuve) contenait également une manufacture d’armes.

C’est en 1296 que le roi Charles II réaménage le site pour accueillir les « galères du Roi ». Marseille étant un important port de la Marine de guerre française sur la Méditerranée, l’arsenal n’a cessé de connaître une importante activité.

L’arsenal  accueillait également les galériens, ceux qui étaient condamnés aux travaux forcés, ils seront entre 8 000 et 12 000 à vivre dans ce lieu, côte à côte avec les militaires et marins. Un hôpital est même crée à leur effet, qui donnera le nom d’ Arcenaulx au quartier.

marseille place huilesL’arsenal fut aménagé et agrandit successivement par Charles VII et Louis XIV jusqu’à ce que les galères deviennent obsolètes au début du XVIII e siècle. A son apogée, l’arsenal de Marseille est l’un des plus grand de France et compte alors jusqu’à 40 galères en service. Il s’étend alors depuis l’église des Augustins, le palais de la Bourse, l’actuelle place du Général de Gaulle, les rues Paradis, Sainte et Fort Notre Dame, jusqu’au quai de Rive Neuve.

En 1748, les galères sont supprimées par Louis XV, l’arsenal est déplacé à Toulon. Les lieux sont rétrocédés à la ville.

La place des Arcenaulx rendue à la ville

Après le déplacement de l’arsenal à Toulon, contre l’avis des échevins marseillais, l’endroit recouvre sa dimension commerciale tournée vers le négoce. Le canal de la douane est tracé à cet effet. Utilisé pour acheminer les tonnes de marchandises du port vers les entrepôts et inversement. La municipalité ne voulant pas assumer le coût des travaux de réhabilitation, les terrains sont vendus à une société privée appartenant à la famille Rapalli qui prendra le nom de « Compagnie de l’Arsenal ».

C’est de cette époque que nous vient le nom de « Place aux huiles ». En effet, des barriques d’huile étaient embarquées et débarquées du port, et ce jusqu’au début du XX e siècle. Cette huile servait principalement à alimenter les savonneries installées un peu plus haut à la rue Sainte.

C’est à cette période que l’on décide de prolonger certaines rues pour les faire aboutir au port. Le cas le plus notable fut celui de La Canebière. Sur un des terrains libéré sera également construit l’opéra municipal. Les seuls vestiges encore visibles de l’ancien arsenal sont peu nombreux. On note cependant le bâtiment de la Capitainerie ainsi que la dénommée « mosquée de l’arsenal » (ou mosquée des galériens turcs) qui est actuellement au parce de la Valbarelle au Prado. Cependant de récentes recherches ont permis de déterminer qu’il s’agit en fait des restes d’une ancienne chapelle détruite en 1920 car réputée hantée.

Les marchands s’installent dans les bâtiments attenants à la place tandis que les entrepôts sont au rez de chaussée. Avec le développement du port et du quartier de La Joliette, les négociants investissent d’autres quartiers et ce sont alors des marchands et artisans plus modestes qui en prennent possession. Cordiers, voiliers, ébénistes, petits pêcheurs… Et enfin le milieu de l’édition avec notamment le journal « Le petit marseillais ». Aujourd’hui, seul le journal « La Marseillaise » est encore installé sur le cours Estienne d’Orves.

Au XIX e siècle, le canal devient incommodant, les odeurs pestilentielles qui s’en dégagent. Il sera finalement comblé en 1925 avec les gravats du chantier du Palais de la Bourse.

En 1899, la place est inaugurée, inspirée de la célèbre Piazza Navona à Rome. Ironie du sort, cette grande place avait été proposée en 1688 par Pierre Puget. Un projet visionnaire qui fut alors rejeté par les échevins de la ville.

Comment accéder à la Place aux Huiles ?

En métro
Station Vieux-Port / Hôtel de Ville (Ligne 1)

En vélo
Station Place aux Huiles

En voiture
Parking Cours Estienne d’Orves (Marseille 01)